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Après une première et brève introduction sur les Chakras (ici), cette année, j’aimerais approfondir tout ce qui touche au corps subtil:

  • Description
  • Liens directs avec la pratique du yoga

Les Nadis

Les textes expliquent que le corps subtil, ou corps énergétique, est fait de milliers de Nadis, canaux subtils ou énergétiques, équivalents des méridiens chinois. La densité de leur réseau est telle que tous les points du corps physique ont une correspondance dans le corps astral.

La tradition dénombre entre 72’000 et 350′000 canaux énergétiques qui forment une enveloppe maillée dans et autour du corps.  Généralement le niveau d’énergie des Nadis et Chakra principaux est bas . L’éveil de l’énergie subtile est ce que vise le yoga.  Pour cela, le yogi améliore la circulation de l’énergie (voir plus bas).

Swami Sivananda explique que dans les Nadis circule des courants psychiques, c’est une autre façon de parler de l’énergie vitale, Prana.

Rappelons que, selon la tradition indienne, la pensée précède la Création. En raccourci, notre corps, physique et subtil, est le résultat des forces de la pensée, cosmique, puis individuelle et différenciée. Notre corps EST pensée ou conscience…

Les Nadis sont eux-mêmes constitués de matière  qu’il n’est pas possible de voir à l’œil nu, pour le commun des mortels.
Le mot sanskrit « Nadi » vient de la racine « nad » qui signifie « mouvement ».

L’énergie, la Vie, Shakti, sont symbolisées par le mouvement. Les Nadis contribuent donc à faire circuler la vie en nous. Sans Prana, sans Nadis, le corps n’est qu’un objet inerte.

Le rôle des Nadis

On sait que les textes classiques du Hatha Yoga proposent un ensemble de techniques dont l’objectif  est l’éveil de la Kundalini, l’énergie dormante, à la base de la colonne vertébrale. Son déploiement, bien conduit, (et ce n’est pas un vain mot), permet d’expérimenter l’expansion de la conscience, le Samadhi, ou état supra-conscient.

La Kundalini monte alors dans le Nadi principal, Shushumna, qui est quasiment inactif, d’habitude.
Or, on dit que cette montée n’est possible – et sécuritaire – que si les nadis ont été purifiés, nettoyés, tout comme les chakras, qui sont des »carrefours » importants de nadis.

Comment purifie-t-on les Nadis?
Le travail de purification des Nadis se fait sur plusieurs plans. Sont concernés: tous les blocages, tant physiques que psychiques, y compris les émotions négatives (telles que la peur), qui sont inhibitrices.

Asanas: Le travail postural, bien que s’exerçant sur un plan différent et plus « grossier », participe au travail sur les Nadis. La pratique provoque des déblocages subtils:

Par exemple, après une séance intense de posture, on peut ressentir pendant la détente, les soubresauts d’un membre. On m’a expliqué, (c’est sans garantie, mais cette explication me parle), que ça peut être Prana, qui passe à nouveau dans des canaux subtils, qui viennent d’être débloqués…

La plupart des séances de Hatha Yoga traditionnel vise spécifiquement la stimulation et le déblocage de l’énergie dans les Chakras et les Nadis.

Pranayama: Nadi Shodhana, la respiration alternée agit comme un grand purificateur des Nadis, et notamment d’Ida et Pingala. Le système nerveux est apaisé.
Tous les Pranayama agissent directement sur le corps pranique. Des séances de 20-30 minutes procurent des effets profonds qui peuvent déjà être ressentis pendant toute la journée. Les pratiques intensives sont plus longues encore, mais doivent être de préférence menées sous la guidance d’un enseignant confirmé.

Travail psychique:

Un travail intensif de plusieurs années, auprès d’un maître en yoga authentique, selon l’ancienne tradition du Gurukula, amorce un travail psychique profond. En parallèle des pratiques pures de Hatha Yoga, le yogi développe les qualités positives: Amour, compassion, contentement, … De cet apprentissage naît la relativisation des émotions contraires (peur, haine, colère, …) et leur atténuation progressive. Selon la tradition, ce travail dure douze ans… c’est dire combien il y a de couches profondes à travailler…

C’est une sorte de Tabula Rasa. Le maître met le disciple face à ses limitations et lui fait découvrir une réalité différente. Le disciple prend alors progressivement conscience qu’il n’est pas ses émotions, ni ses conditionnements, auxquels il s’était pourtant identifié jusque là; mais que sa nature véritable est le Soi, empli de conscience, et infini…

Relaxation

La relaxation apaise le système nerveux. Ce dernier est en interrelation étroite avec les Nadis. L’apaisement progressif libère le corps énergétique. Au lieu de disperser inutilement prana dans les tensions de tous ordres, pranamaya kosha (le corps subtil) se fortifie et s’épanouit. La conscience s’affine…

Le travail en Yoga Nidra est intéressant et très vaste. C’est une méthode qui, si elle est pratiquée avec un maître  en la matière, peut  soutenir le travail psychique.  L’intégration se fait dans les couches profondes de l’être.  L’exploration en Nidra comprend aussi celle du corps subtil.

Namasté

Bibliographie:  Yoga de la Kundalini, Sri Swami Sivananda, Éditions EPI, Intelligence du corps, 1973

Michèle Lefèvre Granclément

Le Yoga m'accompagne au quotidien depuis longtemps et je le transmets depuis 1991. La méditation et la pratique des différents aspects du Yoga Intégral, les rencontres sur le chemin, et l'étude des textes sacrés / philosophiques, sont mes sources d’inspiration. L'amour de la Nature et l'approche holistique de la santé, depuis l'enfance, m'ont conduite à mettre en pratique conjointement les sagesses de l'Ayurveda et du Yoga, puis à étudier leurs synergies. La Joie et l'évidence de la transmission de ces voies sœurs découlent de cette expérience de Vie.

8 Commentaires

  • Sarah dit :

    Très intéressant. Pour ce qui est de l’explication selon laquelle les soubresauts d’un membre signifieraient qu’une zone a été débloquée, je le constate parfois dans ma pratique du reiki, je peux sentir que telle zone est de nouveau bien irriguée en énergie par des petits soubresauts . Je me réjouis de commencer le yoga afin d’expérimenter concrètement les effets qu’il peut avoir sur le système énergétique, je sais d’avance que je ne serai pas déçue. J’ai déjà remarqué qu’après une activité sportive quelconque, je ressens nettement mieux mon corps énergétique alors j’imagine ce que ça peut donner avec le yoga qui est censé agir directement sur le corps subtil… 🙂

  • Michele dit :

    Merci Sarah. Intéressant le parallèle avec le reiki. Voilà qui semble aller dans le même sens…

  • warnier dit :

    Bonjour Michèle,
    Je souhaiterais avoir ton avis concernant l’explication que donne le docteur Lionel Coudron sur la notion de prana.
    Je le cite :  » le prana relève tout simplement de la description de ce que l’on ressent. Dans le corps, vous ressentez en permanence des milliers de sensations qui sont le reflet de milliers de processus physiologiques. Les artères se dilatent, se contractent, les poumons se gonflent, se rétractent, les muscles s’étitrent, les réactions hormonales se produisent, … autant d phénomènes qui se traduisent par des sensations physiques…. » A propos des nadis : « Ces lignes de force, décrites par les Chinois et les Indiens dans les textes traditionnels et faisant référence à l’acupuncture, seraient tout à fait identifiables. En fait, il ne s’agit que lignes de forces ou lignes privilégiées correspondant soit à des nerfs, soit à des territoires nerveux, soit à des aponévroses. » Quant aux chakras :  » les chakras n’ont pas de réalité objective. Ils ne sont qu’une notion subjective pour exprimer en raccourci la relation symbolique d’une partie du corps avec ses fonctions physiologiques.(Le yoga Bien vivre ses émotions Dr Lionel Coudron p 176 et suivantes).
    Personnellement, j’enseigne le yoga depuis 15 ans. Lorsque j’aborde les techniques de respiration, je préfère de pas trop parler d’énergie et encore moins des canaux d’énergie. C’est tellement quelquechose de très subtil à expliquer et à décrire qu’on ne peut qu’en ressentir les effets sous forme de sensations agréables, neutres ou désagréables. Je sais que ce sujet est très vaste et qu’il peut faire parfois l’objet d’une certaine polémique lorsqu’on essaie d’introduire du rationnel dans de l’irrationnel. Le rationnel prend, pour nous Ocidentaux, une dimension probablement trop exclusive.
    Permets-moi pour terminer cette petite intervention de te remercier vivement sur la qualité des articles de ce blog ainsi que ta sincérité, ta sérénité et ton discernement dans les réponses que tu apportes.
    Merci de me lire.
    Michel Warnier

    • Michele dit :

      Bonjour Michel,
      Concernant l’explication du Dr Lionel Coudron sur prana, elle me plaît bcp. Prana est le lien entre le corps physique et les autres corps plus subtils; il est celui qui anime le corps. Ces sensations physiques, manifestations de la vie en nous, nous mettent en contact direct avec l’essence de la vie et prana. C’est cette même observation sans implication ni jugement qui s’effectue pendant la méditation Vipassana. Lire aussi ce que dit Eckhart Tolle.
      Développer le ressenti rend plus conscient et libère les tensions, dans un esprit neutre, bienveillant et patient. Prana circule alors de mieux en mieux, au fur et à mesure de la pratique. Ressentir les blocages, c’est les identifier; les dissoudre dans le souffle et la conscience détendue fait partie d’un processus. Ce processus n’est pas de l’ordre mental (du vouloir faire et être efficace) mais de l’ordre de la conscience qui se libère petit à petit de ce qui l’entrave pour mieux se dévoiler.
      Mais la notion de prana ne peut pas, je le pense, « s’appliquer à des sensations et exclusivement à des sensations ». Comment alors expliquer l’expérience d’une montée – même partielle – de la kundalini? Le choc énergétique est immense. Les mouvements mis en branle ne s’expliquent pas uniquement par des sensations!
      En ce qui concerne les nadis et les chakras, je trouve les définitions du docteur Coudron plutôt réductrices. Le terme de « vivance » qu’il emploie est joli: le docteur yogi est un scientifique 😉
      Des siècles de yogis se sont succédés pour expérimenter et documenter nadis et chakras. Les expériences directes sont plus, à mon sens, que de simples expressions de blocages/déblocages d’énergies. Cette vision réductrice, c’est la conséquence de la vulgarisation du savoir yogique dans une certaine vague new age (je ne généralise pas car il y a plein de recherches new age très intéressantes aussi).
      Les nadis peuvent être très sensibles chez certaines personnes. Comme ils vont au-delà du corps, leur toucher fait réagir la personne immédiatement. Il y a plein d’expériences intéressantes à faire à ce sujet. Les magnétiseurs qualifiés connaissent bien le sujet. Que penser de l’alternance du souffle entre la droite et la gauche toutes les 1h15-2h (Ida-Pingala)? Les médecins en sont toujours surpris quand je leur en parle.
      Que penser aussi de la vision de l’aura? On peut s’en moquer… mais alors, si l’on a ces facultés, est-ce pac que l’on a des hallucinations? Les nadis sont dans et autour du corps. Pour qui peut les voir, ils sont une réalité.
      Un chakra peut être expérimenté pendant la pratique. Il arrive même de sentir les roues se mettre à tourner les unes après les autres. Subjectif? Je ne le crois pas forcément: certaines personnes assurément non initiées me décrivent parfois ce phénomène.
      J’arrête mes réflexions ici, car le sujet est inépuisable. Comme il relève de l’invisible, rien ne peut être rationnellement démontré de façon irréfutable au scientifique.
      ***
      Pas simple de parler énergie, corps subtil, chakras, pendant une initiation au pranayama ou un cours hebdomadaire, en effet. Commencer par le ressenti est certainement une bonne piste, et même la meilleure.
      Au fur et à mesure, j’aime aussi proposer de prendre conscience de l’axe central (la Sushumna est le nadi principal somme toute…). Cet axe peut être visualisé sous forme lumineuse, à la montée (inspir) et à la descente (expir). On peut même inverser (comme suggéré dans l’article sur Soham et Hamsa).
      C’est relativement simple à expliquer et cela aide parfois les gens qui ne sont pas encore à l’aise avec leurs sensations/ressentis.
      Namaste Michel

  • Hawawini dit :

    Je me permet de faire les réponses suivantes concernant les observations de chacun sur les chakras et le prana.
    Ce que chacun écrit ne contredit pas la définition du Dr Coudron concernant le prana et le ressentit. Même quand la kundalini s’éveille, elle est du ressentit ; sinon cela voudrai dire qu’elle peut être perçue par les sens d’un observateur extérieur, ce qui est impossible. Toute la question est donc de savoir ce que le Dr Coudron entend par ressentit, par rapport à ce que vous en pensez vous-même ; c’est ce qui fait la difficulté de la communication.
    Pour moi, expérimenter une rotation est aussi du ressentit et ne confirme absolument pas que c’est une rotation de chakra ; c’est ce que le sujet interprète ainsi car il est dans le discours du chakra, mais cela ne prouve pas qu’il s’agit de ça. Ce ressentit-là est un ressentit, c’est tout. Dès qu’il est associé à un qualificatif, il quitte le plan subtil pour rentrer dans le plan interprétatif du mental cognitif ; cad qu’il sort du yoga.
    Les chakras font aussi partie du corps illusoire, cad qu’ils sont une grille du lecture totalement interprétative et imaginaire du corps et du monde ; mais ils n’ont aucune réalité intrinsèque. Ils peuvent servir au départ de support pédagogique, mais leur réalité finale est qu’ils doivent entièrement mourir pour que le soi incréé se révèle.
    Je ne crois pas qu’il faille prendre conscience de quelque axe ni chakra que ce soit ni de tenter d’associer une quelconque expérience intérieure supramentale à un quelconque support concernant le corpus de la pensée indienne. Ce serait nous ramener encore sur le plan grossier de l’attachement illusoire.
    En l’expérimentant encore quotidiennement, je constate malheureusement que les concepts me font suffisamment jouir pour me rendre la vie dure.

  • bol chantant dit :

    Très intéressant. Des explications très claires.

  • Anna dit :

    L’occidental a besoin de rationnalité mais à mon avis rationalité et ouverture sur d’autres mondes ne sont pas incompatibles.
    La rationalité est un puissant atout pour ne pas sombrer dans des pratiques sectaires, ou adhérer à des discours fumistes. Le système occidental a permis le côté positif du progrès moderne, en étant rationnel. Certes sa rationnalité n’a pas empêché les côtés négatifs (et totalement irrationnels) du progrès .
    À mon avis, un enseignant qui n’est pas rationnel dans ses explications, même pour dire sur quelques points précis que tout ne s’explique pas, maîtrise mal son sujet.

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