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Voici un ancien article de 2008… le genre d’article qui reste toujours d’actualité!

yogamrita bois huelgoat
Les bois de Huelgoat, Finistère

La procrastination, vous connaissez?

Un mot qui sonne un peu bizarre et qui fait « savant »…

« La procrastination est un terme relatif à la psychologie qui désigne la tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain quelques actions, qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non. »
Wikipedia

En fait, tout le monde connaît peu ou prou « l’oiseau procrastineur » en lui.

Faire les choses lorsqu’elles sont à faire… voilà qui relaxe le mental. Mais combien de fois avons-nous tendance à garder une, deux, ou plusieurs choses à faire en tête, pendant des jours, parce que ça nous dérange un peu – ou beaucoup – de les faire… Et puis un beau jour, nous les faisons… et nous en sommes heureux et étonnés de la facilité avec laquelle nous nous sommes débarrassés de ces fardeaux.

Outre les téléphones à faire, les démarches administratives pas toujours agréables, il y a d’autres choses simples dans la vie avec lesquelles il est dommage de procrastiner…

Par exemple:

Donnons-nous toujours autant d’amour à ceux que nous aimons que nous le souhaiterions? Leur accordons-nous le temps qui nous semble souhaitable?

Pensons-nous à soigner les bobos qui commencent à nous gêner (en tous genres: bobos physiques, dans notre cœur, dans notre rythme de vie, …), avant qu’ils ne deviennent de plus gros soucis de santé?

La procrastination spirituelle

Avancer sur un cheminement spirituel authentique, logiquement, nécessite de renoncer pleinement à cette tendance mentale. Mais qui ne se laisse pas surprendre?

Combien disent que oui, ils aimeraient faire plus de yoga, plus de méditation, se recueillir, avoir une vraie pratique… mais combien le font vraiment?

yogamrita racines granit
A Huelgoat, les arbres placent leurs racines autour des blocs de granit. A tout problème, il existe une solution.

Il semblerait que les conditions ne sont jamais assez bonnes: ou on est trop fatigué, ou on n’a pas suffisamment de temps, ou encore, il faut attendre que les enfants soient grands, etc.; et le temps passe… avec cette frustration en arrière plan.

Je me souviens de paroles de Swami Vishnudevananda que l’on m’avait rapportées:

« Méditez maintenant que vous êtes jeunes. Ce n’est pas lorsque vous serez vieux et tremblant que vous arriverez à vous asseoir droit et à concentrer le mental. Cette pratique se fait sur la durée. Chaque assise méditative fait avancer un peu sur ce long chemin… »

Ces paroles m’avaient marquées. Car, depuis que ma pratique du yoga est devenue régulière (1989), je me suis dit que la méditation est pour moi le « cœur de la pratique du yoga ». Et bien sûr, j’ai médité. Mais j’aspirais à méditer longtemps chaque jour (une heure ou plus encore). Lorsque j’ai quitté les centres de yoga et que je me suis retrouvée en entreprise, fatiguée le plus souvent, j’ai commencé à avoir beaucoup de peine à méditer.

Il m’a semblé alors que les Asana et le Pranayama m’apportaient des bienfaits plus directs, vu que ma méditation, en état de fatigue, n’avait plus grande qualité. Le prétexte semblait valable. Alors, j’ai un peu mis de côté le « cœur de ma pratique du yoga ». J’étais contrariée et même chagrinée, bien sûr…

Le temps a passé et j’ai fait des rencontres spirituelles qui m’ont inspirée. J’ai eu envie de relever le défi, même s’il semblait si difficile à surmonter.

yogamrita dent de lion goudron
Si ces jeunes dents-de-lion sont plus fortes que le goudron neuf… nous avons certainement nous aussi des ressources infinies en nous!

Puis un jour, le déclic s’est fait:

« Je veux méditer plus d’une heure … hé bien je le fais maintenant, dès aujourd’hui et tous les jours qui suivront! »

(C’est tellement bête que j’hésite à effacer… mais je crois que c’est la réalité de beaucoup d’entre nous… alors, je laisse…)

Pas facile au début de se lever plus tôt… ça n’allait pas parce que je prenais sur mon temps de sommeil… (on m’avait pourtant dit que lorsque l’on médite beaucoup on a besoin de moins dormir… 😉 )

Alors, j’ai institué de me coucher nettement plutôt. Puisque je m’étais levée tôt, c’était facile et naturel.

Mais parfois, la méditation n’était pas bonne, malgré cela. Je me suis rendu compte que j’étais ennuyée au niveau digestif: manger un peu trop lourd le soir me rendait le réveil lourd et difficile. Alors, j’ai appris à manger léger le soir, afin de me préparer à la méditation… La concentration et la méditation s’en sont très bien portées… et inutile de dire, qu’au petit-déjeuner, j’avais meilleur appétit.

C’étaient de bien petites choses, de bien petits changements dans ma vie, et pourtant, cela s’est révélé très positif. Cela a résolu un conflit en moi.

Aujourd’hui, me lever pour méditer est devenu chose naturelle.

Je me réjouis d’aller me coucher car j’ai besoin de ce temps de repos. Je dors très bien, depuis que je médite plus. Mais aussi, je me réjouis de me lever pour mon rendez-vous méditatif. Je n’aime pas manquer ce rendez-vous et m’arrange pour que cela arrive le moins souvent possible …

Il y a quelques jours seulement, je me suis surprise à penser intérieurement:

« Et si pour une raison ou une autre, j’étais obligée de reprendre un emploi pour subvenir à nos besoins?
Une petite voix intérieure a répondu: « C’est égal: quelles que soient mes journées, l’essentiel est là, chaque jour… »

Il y a peu, Marc et moi avons lu la phrase que voici… et bien sûr, elle résonne très fort en moi:

« Traite le difficile lorsqu’il est facile,
Traite le grand lorsqu’il est petit.
Tout ce qui est difficile provient du facile,
Toutes les grandes choses du monde
Proviennent des petites choses.
Un voyage de mille kilomètres
commence par un simple pas. »

Lao Tseu – Tao Te King

Michèle Lefèvre Granclément

Le Yoga m'accompagne au quotidien depuis longtemps et je le transmets depuis 1991. La méditation et la pratique des différents aspects du Yoga Intégral, les rencontres sur le chemin, et l'étude des textes sacrés / philosophiques, sont mes sources d’inspiration. L'amour de la Nature et l'approche holistique de la santé, depuis l'enfance, m'ont conduite à mettre en pratique conjointement les sagesses de l'Ayurveda et du Yoga, puis à étudier leurs synergies. La Joie et l'évidence de la transmission de ces voies sœurs découlent de cette expérience de Vie.

10 Comments

  • MrYoga dit :

    C’est vrai q’une grande partie de ceux qui se disent prêt à faire plus d’efforts ne respectent pas leurs paroles et trouvent des pretextes pour se convaincre eux mêmes qu’ils ne peuvent pas pratiquer d’avantages le yoga

  • stephane dit :

    bonjour,

    Merci pour ce texte fruit de votre expérience, qui va surement m’aider à ancrer une pratique régulière!je rentre d’Inde ou j’ai passé quelques jours a l’ashram d’Amma, bon moment pour conserver cet élan reçu..

    cordialement

  • Olga dit :

    Merci Michèle pour cette beauté partagée.
    Pas à pas, on avance sur son chemin, entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, et remerciant la justesse qui accompagne le mouvement…..;)

  • Jean-Louis dit :

    Merci encore une fois Michelle pour le partage de ton experience.

    Je suis tout à fait d’accord avec ce principe :
    Faire MAINTENANT ce qu’on sent qui est à faire.

    Je m’y entraine encore chaque jour parce que j’ai appris et compris qu’il n’y aura jamais de «meilleures condition» pour la pratique spirituelle, et qu’attendre ces eventuelles meilleures conditions ne fait que remettre à plus tard…… éternellement.

    Bonne pratique à tous
    OM

    J.L.

  • Emmanuelle dit :

    Bonjour Michele ,
    C´est une chose que j´ai mis longtemps a comprendre et a mettre en pratique …mais que la vie est plus douce depuis que je l´applique !!
    J´essaye de le transmettre maintenant a mes 2 ados …mais que je rame , que je rame !!
    Merci encore et encore pour le partage de tout ton savoir et bonne journee a toi .

    Emmanuelle

  • Petit scarabée dit :

    Bonjour Michèle,
    bonjour à tous,

    c’est même un message d’espoir !!!

    Merci.

    Bien à vous.

  • Michele dit :

    C’est bien agréable de vous lire.
    Voilà qui me rappelle que j’avais oublié de republier des anciens commentaires relatifs à cet article:

    anck a dit: Ouvert 9 août 2008

    Bonjour,

    Pour améliorer la situation, je conseille la lecture des 2 ouvrages suivants :

    Robert Maurer : un petit pas peut changer votre vie
    Bruno koeltz : comment ne pas tout remettre au lendemain

    Maintenant, pour rester dans une démarche spirituellement et psychologiquement cohérente, je pense qu’il faut d’abord entrer en amitié (accepter) avec sa tendance à la procrastination , puis faire de son mieux pour améliorer la situation.

    Amitiés

    ***

    Corinne a dit: Ouvert 9 août 2008

    Je viens souvent me promener sur ton blog, je trouve que c’est le plus riche qui existe sur le yoga ; j’y puise plein de ressources pour nourrir ma pratique de yoga. j’aime aussi les réflexions que tu y sèmes : j’ai terminé ma formation de professeur de yoga avec la fédération créee par Shri Mahesh que j’ai eu la chance de connaître avant son déces l’année dernière. Mais je n’ai pas encore eu comme toi la chance d’aller en Inde.
    J’espère commencer à enseigner cette année, je vais chercher des cours. Je me reconnais dans ce dont tu parles aujourd’hui, cet oiseau de malheur qu’est le procrastinateur… J’aimerais aussi méditer davantage mais j’ai un gros souci, j’ai du mal à quitter mon lit le matin, c’est vraiment un ami. Et puis j’ai un travail qui me prend énormément de temps, un peu d’énergie aussi. Mais je vais méditer sur cette phrase du Tao Te King. En tout cas, si tu habitais plus près j’aimerais bien prendre tes cours. A bientôt
    Corinne

    ***

    Christophe a dit: Ouvert 9 août 2008

    Bonsoir Michèle,
    Le hasard fait parfois bien les choses ! Aujourd’hui, une journée sans, pas envie de faire ma séance quotidienne.
    J’ai lu ton article, relu la citation de Lao Tseu, puis, j’ai fait un pas, puis deux et la séance s’est enchaînée d’une manière naturellement, très agréable.
    Amicalement,
    Christophe

    ***

    Marc a dit: Ouvert 10 août 2008

    Bonjour à toutes et à tous,

    Ce thème m’amène à vous partager quelques réflexions.
    Remettre au lendemain…

    Personnellement, je me pose alors certaines questions :

    Est-ce pour moi une affaire de temps (le bon moment)
    De résistance avec l’activité en question
    De manque de temps ou de mauvaise évaluation du temps que cela va me prendre
    D’aspiration à ne rien faire (programme de vie trop chargé)

    Les raisons peuvent être multiples, et les livres dont parle Frank, précieux, lorsque  » procrastiner  » est un problème récurrent et handicapant.
    Au besoin consulter un thérapeute est indispensable. Trouvé sur le net : « Attention, parfois la procrastination chronique peut masquer une dépression. Dans ce cas, on a tellement envie de ne rien faire que l’on remet tout à demain. Une prise en charge adaptée est alors indispensable.”

    J’aime bien également la notion d’apprivoisement de notre tendance à procrastiner. C’est une manière sensée de mieux se connaître et d’avancer pas à pas sur le parcours de nos résistances à l’action.
    Sans oublier, dans nos sociétés agitées, l’importance de la vacance de l’esprit et du corps. Remettre à plus tard sans cesse, peut parfois correspondre à un mécanisme de protection de notre corps, agaçant pour le mental, mais salutaire pour notre être.

    Belle journée
    Marc

    ***

    Monique a dit: Ouvert 11 août 2008

    Bonjour Michèle,
    Comme cela me fait du bien de lire ses paroles de sagesse.
    J’ai fait un grand pas tout dernièrement, je vais commencer l’école de yoga d’Evian et donner des cours de gymnastique douce à Contamine. Le choix était difficile à faire, mais je me sens tellement heureuse et plus légère maintenant.
    Le hasard encore, ce matin en allant au travail je me disait qu’au temps ou je faisais encore du jogging, je le faisais surtout les matins ou je me réveillais avant le réveil. Et je me demandais pourquoi pas aussi le yoga de le pratiquer lorsque je suis réveillée et ne peux me rendormir à quatre heure sachant que mon réveil va sonner dans une heure.
    Ce matin je trouve ton article, qui encore une fois m’encourage à plus m’engager à ne pas repousser à une autre fois. C’est le premier pas le plus difficile ensuite on laisse l’habitude s’installer et la pratique ce fait dans la sérénité pour soi et pour les autres, même si notre entourage nous trouve bizarre parfois.
    Merci encore pour tout les trésors que tu nous fais découvrir avec ton blog.

    ***

    franck a dit: Ouvert 11 août 2008

    Bonjour,

    dans le même esprit que les questions que se posent Marc, on peut s’aider également de celles – ci :

    -Si je le fais mantenant, qu’est-ce que je gagne?

    -Si je remets à plus tard, qu’est-ce que je perds?

    -Est-ce le bon moment pour s’y mettre?

    Amitiés

    ***

    Michèle a dit: Ouvert 11 août 2008

    Bonjour à tous,

    Et merci pour vos commentaires, tous très intéressants. Les partages d’expériences des uns fait écho aux autres. L’ensemble est enrichissant et motivant, pour des gens en cheminement.

    Belle semaine
    Michèle

  • Il faut avouer que je prend pas assez le temps de méditer… de prendre le temps de m’écouter et de me poser correctement…
    De bonnes habitudes à prendre je pense… tout simplement

  • gwenola dit :

    Bonjour Michèle,

    Une très belle réflexion et partage d’expérience sur cette propension que nous avons à repousser, à remettre au lendemain, à retarder.

    Sans doute la procrastination nous empêche-t-elle d’avancer et nous prive des bienfaits à agir ou à changer certaines habitudes qui nous emprionnent et ne nous satisfont pas.
    Mais peut-être aussi, parfois, est-il bon d’écouter cette résistance. Elle nous dit aussi sûrement quelque chose. Que ce n’est peut-être pas encore le moment ; qu’on est pas prêt ; que ce n’est peut-être pas ce qui nous convient ; qu’il nous faut vivre d’autres expériences ; qu’on a besoin d’un temps de réflexion supplémentaire ; ou bien qu’on ne s’est pas encore délester de certaines peurs ; qu’on est peut-être prisonnier de messages contraignants intériorisés comme « sois parfait » ou « dépêche-toi », etc.

    Je retiens cette très belle phrase qui me semble le signe d’une grande sagesse : « quelles que soient mes journées, l’essentiel est là, chaque jour… » 😉

  • Michele dit :

    Bonsoir Gwenola,
    Merci pour ce complément qui équilibre bien cet article. C’est un peu le jeu de Sthira (effort) et de Sukha (confort) , n’est-ce pas?
    Bien amicalement
    Michèle
    PS: Oui, ma prose manque parfois un peu de vocabulaire/précision 😉 mais c’est venu spontanément comme cela, alors je laisse! 🙂

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