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Qu’est-ce que Marmasthana ?

  • Marma = point vital, secret (physiologiquement importants, et énergétiquement puissants)
  • Sthana = lieu, position.
Ici, on parle d’orientation mentale vers des points vitaux du corps, appelés Marma.
Les yeux peuvent rester relâchés, fermés, immobiles, mais l’attention est concentrée vers un point précis énergétique.
La conscience se déplace vers l’intérieur, sur un plan plus subtil.

Exemples de Marmasthana dans la pratique méditative :

  • Nabhi Sthana : concentration sur le nombril (Manipura Cakra).
  • Hridaya Sthana : concentration sur le cœur subtil (Anahata Cakra).
  • Bhrumadhya Sthana : concentration intérieure sur Ajna Cakra (sans que les yeux convergent physiquement).
Pendant ces concentrations sur les défocalisé, le regard physique reste défocalisé et détendu, yeux fermés ou mi-clos, sur une ligne d’horizon à l’infini (Madhya Drishti).
La Hamsa Upanisad enseigne que, par l’observation intérieure du souffle (Soham : « Cela, je suis »), le yogin accède à la connaissance de sa véritable nature.
Quand les yeux se ferment pour méditer, commence une autre forme de vision : Antardrishti (le regard intérieur).

Courte pratique :

  • 1- Fermer les yeux et diriger doucement l’attention vers un point de concentration choisi (Ajna, Anahata).
  • 2- Observer le flot des pensées sans s’y attacher, sans juger.
  • 3- Porter son « regard » intérieur sur le souffle ou un Mantra. Laisser émerger une conscience plus vaste.
Marmasthana pratique

Les 16 Marmasthana enseignés par Sribhashyam

1. Fontanelle – Śīrṣa (ou Brahmarandhra)
  • Sommet du crâne, fontanelle.
  • Centre de connexion au divin, à la conscience pure. Lieu de dissolution de l’ego.
  • Usage : Méditation ou en fin d’inspiration dans des pratiques avec rétention.
2. Milieu du front – Mūrdhna
  • Centre du front, au-dessus de Bhrūmadhya.
  • Centre de la clarté mentale et de l’observation neutre.
  • Usage : Point de concentration dans les visualisations mentales ou en méditation sur l’éveil de la pensée juste.
3. Point entre les sourcils – Bhrūmadhya
  • Centre de l’intuition, siège de la vision intérieure.
  • Usage : Concentration majeure dans Prāṇāyāma et méditation. Développe le pouvoir de discernement subtil.
4. Bout du nez – Nāsāgra
  • Stabilisation mentale, réduction des distractions.
  • Usage : Souvent utilisé pour débuter la concentration et dans les postures assises méditatives.
5. Fond du palais – Tālu 
  • Usage : Visualisé dans des pratiques internes. Oriente l’énergie vers le haut.
6. Racine de la luette – Lālaṭa
  • Usage : Soutient certaines pratiques de retrait sensoriel (Pratyāhāra).
7. Gorge – Kaṇṭha
  • Milieu de la gorge, proche de Viśuddha Cakra.
  • Usage : En récitation (Japa), concentration sur la vibration vocale.
8. Fond de la gorge – Kaṇṭha Kūpa
  • Base de la gorge, dans la fourchette sternale.
  • Contrôle du souffle subtil (Udāna).
  • Usage : Prāṇāyāma avec rétention ou Ujjāyī.
9. Milieu du cœur – Hṛdaya
  • Centre de la poitrine, en lien avec Anāhata Cakra.
  • Siège de l’âme, de la joie sans cause, de la paix profonde.
  • Usage : Eveil de la Bhakti, de la compassion, silence intérieur.
10. Nombril – Nābhi
  • Centre du ventre, nombril.
  • Centre de gravité, de digestion, de transformation.
  • Usage : Utilisé pour recentrer l’énergie, cultiver la stabilité en Maṇipūra Cakra.
11. Milieu du pelvis – Śroṇi
  • Cœur du bassin, juste au-dessus du périnée.
  • Centre de stabilité posturale et d’enracinement.
  • Usage : Exercices de respiration dirigée, concentrations.
12. Périnée – Mūla
  • Base du tronc, entre les organes génitaux et l’anus.
  • Siège de l’énergie dormante (Kuṇḍalinī), fondement de l’être incarné.
  • Usage : Activation par Mūla Bandha, pratiques de montée énergétique.
13. Cuisses – Jāṅghā
  • Partie supérieure des jambes.
  • Soutient l’énergie du mouvement.
  • Usage : Sensibilisation jambes–bassin dans les postures debout.
14. Genoux – Jānu
  • Centres des genoux.
  • Stabilité dans la flexion.
  • Usage : Conscience dans les transitions posturales, ancrage du bas du corps.
15. Chevilles – Gulpha
  • Articulations de la cheville.
  • Support subtil, souplesse et enracinement.
  • Usage : Base d’attention pour l’équilibre, le lien à la terre.
16. Gros orteils – Pāda Aṅguṣṭha
  • Centre des gros orteils.
  • Ancrage dans le corps, point de stabilité en contact avec le sol.
  • Usage : Drishti dans certaines postures (Pādaṅguṣṭhāsana, équilibres), résonance avec le premier cakra.

 

Dṛṣṭi = Fixation physique du regard pour stabiliser la conscience.
Marmasthāna = Fixation psychique intérieure pour éveiller les centres subtils.
Drishti vers Marmasthana

De Drishti à Marmasthana  |  Du Regard Physique au Regard Psychique

Au début, on utilise Dṛṣṭi pour l’ancrage physique et mental, qui prépare à stabiliser le mental agité.
À un niveau plus subtil, on passe à Marmasthana :
  • Les yeux se relâchent.
  • Le mental devient regard intérieur, sans tension physique.
  • Le corps et les yeux ne limitent plus la conscience : ils l’accompagnent dans le voyage intérieur.
La maîtrise des deux est complémentaire :
  • Drishti prépare et affine la concentration.
  • Marmasthana ouvre la porte de la méditation profonde.
Progression de Dṛṣṭi à Marmasthana
➔ Niveau 1 : Apprendre les Dṛṣṭi
  • Fixer physiquement le regard sur un point précis (pointe du nez, horizon, main).
  • Associer la respiration consciente.
  • Stabiliser l’attention (2 à 3 minutes par Dṛṣṭi).
➔ Niveau 2 : Toucher au plan subtil des Dṛṣṭi
  • Alléger le regard (sans tension oculaire).
  • Intégrer l’intériorisation progressive du regard (Antardṛṣṭi).
➔ Niveau 3 : Passer à Marmasthana
  • Fermer doucement les yeux.
  • Placer l’attention seule sur un point subtile, Marmasthana (nombril, cœur, point entre les sourcils).
  • Laisser l’attention devenir stable, vibrante, vivante.
  • Observer sans forcer, accueillir ce qui est.
➔ Niveau 4 : Marmasthana en méditation
  • Laisser le point de concentration se dissoudre dans l’espace.
  • Se laisser absorber dans l’être pur (Svarupa), sans plus d’effort.

 

 

Exercice Pratique : « De subtil à Marmasthana » (durée : 20-25 min)

Phase 1 : Dṛṣṭi externe (5 minutes)
  • Assis en Sukhasana ou Padmasana.
  • Ouvrir légèrement les yeux.
  • Choisir Nasagra Dṛṣṭi (regard sur la pointe du nez).
  • Synchroniser : Inspire : conscience du point, Expire : relâchement dans l’immobilité.
Phase 2 : Transition subtile (5 minutes)
  • Fermer doucement les yeux.
  • Conserver l’intention du regard interne.
  • Amener la conscience à Bhrumadhya Marmasthana (centre des sourcils, intérieur).
Phase 3 : Marmasthana stabilisé (10 minutes)
  • Sans bouger les yeux, installer l’attention : soit en Bhrumadhya (point entre les sourcils) pour la vision intérieure, soit en Hṛdaya (cœur), pour l’amour et la paix intérieure.
  • Respirer naturellement. Observer.
  • Laisser s’élargir la perception au-delà du point.
Phase 4 : Dissolution (5 minutes)
  • Lâcher toute focalisation.
  • Se reposer dans l’être.
  • Goûter à la conscience au-delà des formes et du temps.
marmasthana pierre

Regarder Sans Saisir

Quand les yeux du corps se ferment dans le calme,
quand les pensées elles-mêmes se taisent,
alors un autre regard s’ouvre :
– celui qui ne prend pas,
– celui qui n’attend pas.
Le yoga du regard nous enseigne qu’il n’est pas tant question de s’engager dans le monde ou de le fuir, …
mais plutôt qu’il suffit de le voir à partir d’un autre lieu,
d’un lieu silencieux, plus vaste, plus conscient.
Que ce mois de mai soit pour chacun.e l’occasion :
– de privilégier une forme de clarté intérieure,
– que chaque regard soit source d’émerveillement, et de gratitude.

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Michèle Lefèvre Granclément

Le Yoga m'accompagne au quotidien depuis longtemps et je le transmets depuis 1991. La méditation et la pratique des différents aspects du Yoga Intégral, les rencontres sur le chemin, et l'étude des textes sacrés / philosophiques, sont mes sources d’inspiration. L'amour de la Nature et l'approche holistique de la santé, depuis l'enfance, m'ont conduite à mettre en pratique conjointement les sagesses de l'Ayurveda et du Yoga, puis à étudier leurs synergies. La Joie et l'évidence de la transmission de ces voies sœurs découlent de cette expérience de Vie.

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