
Les bois de Huelgoat, Finistère
La procrastination, vous connaissez?
Un mot qui sonne un peu bizarre et qui fait “savant”…
La procrastination est un terme relatif à la psychologie qui désigne la tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain quelques actions, qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non.
Wikipedia
En fait, tout le monde connaît peu ou prou “l’oiseau procrastineur” en lui.
Faire les choses lorsqu’elles sont à faire… voilà qui relaxe le mental. Mais combien de fois avons-nous tendance à garder une, deux, ou plusieurs choses à faire en tête, pendant des jours, parce que ça nous dérange un peu - ou beaucoup - de les faire… Et puis un beau jour, nous les faisons… et nous en sommes heureux et étonnés de la facilité avec laquelle nous nous sommes débarrassés de ces fardeaux.
Outre les téléphones à faire, les démarches administratives pas toujours agréables, il y a d’autres choses simples dans la vie avec lesquelles il est dommage de procrastiner…
Par exemple:
Donnons-nous toujours autant d’amour à ceux que nous aimons que nous le souhaiterions? Leur accordons-nous le temps qui nous semble souhaitable?
Pensons-nous à soigner les bobos qui commencent à nous gêner (en tous genres: bobos physiques, dans notre cœur, dans notre rythme de vie, …) avant qu’ils ne deviennent de plus gros soucis de santé?
La procrastination spirituelle
Avancer sur un cheminement spirituel authentique, logiquement, nécessite de renoncer pleinement à cette tendance mentale. Mais qui ne se laisse pas surprendre?
Combien disent que oui, ils aimeraient faire plus de yoga, plus de méditation, se recueillir, avoir une vraie pratique… mais combien le font vraiment?

A Huelgoat, les arbres placent leurs racines autour des blocs de granit. A tout problème, il existe une solution.
Il semblerait que les conditions ne sont jamais assez bonnes: ou on est trop fatigué, ou on n’a pas suffisamment de temps, ou encore, il faut attendre que les enfants soient grands, etc.; et le temps passe… avec cette frustration en arrière plan.
Je me souviens de paroles de Swami Vishnudevananda que l’on m’avait rapportées:
“Méditez maintenant que vous êtes jeunes. Ce n’est pas lorsque vous serez vieux et tremblant que vous arriverez à vous asseoir droit et à concentrer le mental. Cette pratique se fait sur la durée. Chaque assise méditative fait avancer un peu sur ce long chemin…”
Ces paroles m’avaient marquées. Car, depuis que ma pratique du yoga est devenue régulière (1989), je me suis dit que la méditation est pour moi le “cœur de la pratique du yoga”. Et bien sûr, j’ai médité. Mais j’aspirais à méditer longtemps chaque jour (une heure ou plus encore). Lorsque j’ai quitté les centres de yoga et que je me suis retrouvée en entreprise, fatiguée le plus souvent, j’ai commencé à avoir beaucoup de peine à méditer.
Il m’a semblé alors que les Asana et le Pranayama m’apportaient des bienfaits plus directs, vu que ma méditation, en état de fatigue, n’avait plus grande qualité. Le prétexte semblait valable. Alors, j’ai un peu mis de côté le “cœur de ma pratique du yoga”. J’étais contrariée et même chagrinée, bien sûr…
Le temps à passé et j’ai fait des rencontres spirituelles qui m’ont inspirée. J’ai eu envie de relever le défi, même s’il semblait si difficile à surmonter.

Si ces jeunes dents-de-lion sont plus fortes que le goudron neuf… nous avons certainement nous aussi des ressources infinies en nous!
Puis un jour, le déclic s’est fait:
“Je veux méditer plus d’une heure … hé bien je le fais maintenant, dès aujourd’hui et tous les jours qui suivront!”
(C’est tellement bête que j’hésite à effacer… mais je crois que c’est la réalité de beaucoup d’entre nous… alors, je laisse…)
Pas facile au début de se lever plus tôt… ça n’allait pas parce que je prenais sur mon temps de sommeil… (on m’avait pourtant dit que lorsque l’on médite beaucoup on a besoin de moins dormir… ;-) )
Alors, j’ai institué de me coucher nettement plutôt. Puisque je m’étais levée tôt, c’était facile et naturel.
Mais parfois, la méditation n’était pas bonne, malgré cela. Je me suis rendu compte que j’étais ennuyée au niveau digestif: manger un peu trop lourd le soir me rendait le réveil lourd et difficile. Alors, j’ai appris à manger léger le soir, afin de me préparer à la méditation… La concentration et la méditation s’en sont très bien portées… et inutile de dire, qu’au petit-déjeuner, j’avais meilleur appétit.
C’étaient de bien petites choses, de bien petits changements dans ma vie, et pourtant, cela s’est révélé très positif. Cela a résolu un conflit en moi.

Aujourd’hui, me lever pour méditer est devenu chose naturelle.
Je me réjouis d’aller me coucher car j’ai besoin de ce temps de repos. Je dors très bien, depuis que je médite plus. Mais aussi, je me réjouis de me lever pour mon rendez-vous méditatif. Je n’aime pas manquer ce rendez-vous et m’arrange pour que cela arrive le moins souvent possible …
Il y a quelques jours seulement, je me suis surprise à penser intérieurement:
“Et si pour une raison ou une autre, j’étais obligée de reprendre un emploi pour subvenir à nos besoins?
Une petite voix intérieure a répondu: “C’est égal: quelles que soient mes journées, l’essentiel est là, chaque jour…”
Il y a peu, Marc et moi avons lu la phrase que voici… et bien sûr, elle résonne très fort en moi:
Traite le difficile lorsqu’il est facile,
Traite le grand lorsqu’il est petit.
Tout ce qui est difficile provient du facile,
Toutes les grandes choses du monde
Proviennent des petites choses.
Un voyage de mille kilomètres
commence par un simple pas.
Lao Tseu - Tao Te King